Impôts locaux à Montpellier
Impôts locaux :
le coup de bambou de 2009
Montpellier reste la ville de France où les contribuables locaux sont les plus taxés.
Première pour le montant de la taxe foncière, deuxième pour celui de la taxe d’habitation. En 2009, plus que jamais sans doute, Montpellier justifie sa réputation de grande ville la plus taxée de France.
À titre d’illustration, pour un couple avec deux enfants vivant dans un logement de niveau correct, le montant des deux impôts locaux a atteint 2 335 € cette année. La famille devrait s’acquitter de 1 774 € à Marseille, 1 898 € à Nice et de seulement 947 € à Paris.
Selon un calcul relayé régulièrement par la responsable de l’association des contribuables, Martine Petitout, la pression fiscale - hors impôt sur le revenu - à Montpellier approche désormais en moyenne un mois et demi de ressources contre 70 % en France… En pleine période de crise, cette taxation, qui s’exerce sur 30 % de propriétaires occupants que compte la ville, est également ressentie de plus en plus douloureusement par les locataires seulement soumis à la taxe d’habitation.
À l’inverse des dernières années 2004-2008, marquées par la politique fiscale vertueuse de la Ville, l’année 2009 voit l’augmentation des bases fiscales - fixées par la loi de finances - se combiner avec la hausse des taux de la commune et de ceux du département, soit le plus fort accroissement en dix ans. L’évolution de la taxe d’habitation dépasse ainsi les 10 % et celle de la taxe foncière 7,5 %. Pour un couple avec un enfant vivant dans 100 m2, la hausse s’établit à 270 €, s’est appliquée à calculer Martine Petitout. « C’est autant de pouvoir d’achat qui n’ira pas dans l’économie locale. »
La principale raison invoquée par la municipalité pour justifier cette hausse brutale tient en une phrase : « le désengagement de l’État », dont les dotations ne tiendraient pas compte de l’accroissement démographique de la ville. Dans le timing politique que les élus ne perdent jamais de vue, il est également préférable d’augmenter les impôts en début de mandat afin d’adoucir la pression fiscale à l’approche des renouvellements électoraux…
Dans cette logique les premières déclarations des responsables locaux - Georges Frêche et André Vezinhet notamment - n’incitent pas à l’optimisme pour 2010 qui verra disparaître la taxe professionnelle, ressource principale des Agglos. Une manne que les exécutifs devront s’ingénier à remplacer au moins pour partie… En s’appuyant encore un peu plus sur les ménages contribuables ?
Guy TRUBUIL
Source : Midi-libre 17/11/09


