Eric Cavalier, Président de l'association Montpellier-Avenir et de la commission Economie-Budget
Le KEYNESIANISME
John Maynard KEYNES a développé une des plus importantes théories économiques en défendant que la demande est le facteur déterminant permettant d’expliquer que le niveau de la production est le facteur le plus important et par voie de conséquence l’emploi.
Les principes novateurs introduits par KEYNES sont les suivants :
- l'équilibre de sous-emploi (le chômage) pour un niveau donné de la demande.
- l'absence d’ajustement par les prix entre les demandes et les offres d’emploi empêchant la résorption du chômage. Une théorie de la monnaie fondée sur la préférence sur la liquidité. La notion d’efficacité marginale du capital comme explication de l’investissement faisant de l’investissement la cause déterminante de l’épargne.
- la loi psychologique selon laquelle la consommation augmente moins vite que le revenu.
De ces théories, qui ont engendré la macroéconomie on peut en déduire la possibilité de politiques interventionnistes de l’ETAT afin d’éviter les récessions et de freiner les emballements de l’économie. Pour les keynésiens, il existe une tendance permanente au sous-emploi et seules les interventions de l’état permettent, dans certaines circonstances, de lutter contre le chômage. Les adversaires du keynésianisme soutiennent qu’il n’y a pas à mettre en cause la capacité des marchés à ajuster les offres aux demandes pour expliquer le chômage et que ce sont les politiques publiques subventionnant , imposant des prix ou fixant des salaires minima ,qui pénalisent l’embauche et empêchent le plein emploi.
Les post-keynésiens sont moins interventionnistes que les keynésiens de la première génération. Ils sont cependant tout aussi critiques quant à la capacité d’autorégulation du marché. Ils se battent pour cela sur le constat de la régularité des marchés et des crises financières, montrant ainsi l’incapacité des marchés à gérer l’incertitude lorsqu’ils sont mal encadrés.
Aujourd’hui de nombreux courants et partis politiques se revendiquent du KEYNESIANISME, mais en ne retenant que l’idée d’interventionnisme, alors que KEYNES, lui-même homme d’affaires, insistait sur le rôle fondamental de la création d’entreprises privées.